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Ce thème du « sale boulot » a nourri
ma recherche artistique depuis près de 2 ans. Sorte de métaphore
du monde contemporain, cette expression, par sa polysémie, offre
une prise complexe sur l'actualité. C'est d'ailleurs l'actualité
au quotidien qui engage le plus mon travail actuel. Attentif aux petits
détails qui font l'histoire, mais aussi à la manière
dont on nous conte celle-ci, ma création cherche à détricoter
le fil par une proposition graphique décalée. Mon œuvre
se veut représentative, pour ne pas oublier, mais aussi pour repenser
autrement ce qui nous entoure sans toutefois verser dans la dénonciation.
Ce travail ne se veut pas revendicatif, il cherche plutôt à
dessiner le sillon d'une mémoire dissidente.
De fait, ma recherche ne s'est pas concentrée sur une technique artistique au détriment d'une autre. Elle s'est bien plus dispersée, entre gravures, peintures, installations, « petites formes », performances et photographies. L'emploi de ces différentes techniques répond à la conviction qu'il ne peut y avoir de manière unilatérale d'appréhender le monde. La gravure est une manière de prendre de la distance face à l'actualité, parce qu'elle exige un temps de création plus calme, plus lent. Les « petites formes », entre sculptures et installations, sont de petits objets symboliques conçus en réaction directe à l'information. La photographie se veut le révélateur et le témoin inépuisables des scènes du quotidien les plus incroyables. Les performances sont une manière d'agir aux côtés des gens, d'accompagner leur quotidien par des mises en perspectives déroutantes. Enfin, les installations se veulent une mise en espace de la complexité du monde. |
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